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Mémoires vives

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4 avril 2006

CUBA, JE T'AIME !

Cuba, je t’aime !

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Calé dans un fauteuil, la canne à portée de main,  il attend notre visite avec impatience. Ce sympathique retraité du foyer la Montagnette, débordant de simplicité et de gentillesse garde  toujours sa bonne humeur et un mot taquin pour amuser ses camarades.

Dès notre arrivée, il nous observe des pieds à la tête, nous gratifiant d’un mot gentil ou d’un compliment flatteur. Sourire aux lèvres et l’accent chantant des gens ayant vécu dans les îles, Monsieur François Ibanez nous assure que notre compagnie lui apporte beaucoup de joie et de chaleur humaine.

Il est ravi de nous voir. Chacune de nos visites est un véritable moment de plaisir pour lui. Il se remémore de merveilleux souvenirs, du temps de son enfance à Cuba, l’Île qu’il a tant aimée.

« Je suis de cuba, je parle l’espagnol » nous répète t-il sans cesse, la mine joyeuse, esquissant un pas de salsa sur un air de musique imaginaire !

Le rythme de la danse cubaine, il ne l’a pas oublié. Ses origines espagnoles non plus. Ce teint basané, il le tient de sa mère originaire d’Alicante et de son père venant de Valencia. Tous les deux  mariés en Algérie.

François voit le jour au début des années 1900 à Alger. Peu à peu, il me raconte quelques moments importants de sa vie. Dans sa mémoire, les dates sont peu précises, mais les souvenirs eux restent gravés à jamais.

Il a à peine deux ans lorsque ses parents partent s’installer à Cuba. Malgré son jeune âge, François apprécie la vie dans ce pays toujours ensoleillé, où il n’y a pas d’hiver comme en France. La neige,  on ne la connaît pas ! Mais les vents et cyclones dévastateurs, les pluies torrentielles et les orages qui caractérisent ce climat tropical, il en a vu passer !

N’empêche, il a eu une vie très agréable et enrichissante, côtoyant une population composée en majorité de métis, des gens simples et formidables qui ont cette réputation d’être chaleureux et amicaux.

A la Havane, dans les années 30,  son père fonde une fabrique de meubles ayant comme associé son oncle. L’entreprise emploie des travailleurs cubains fidèles et dévoués. L’affaire prospère.

La famille achète alors une grande propriété. Autour de la jolie demeure créole s’étend un bois planté de fruitiers (manguiers, avocatiers, orangers, arbres à pain), plantes exotiques et quelques plants de canne à sucre essentiellement utilisés pour fabriquer les bons jus de fruits maison.

Sur la plantation, ils élèvent en toute liberté des chevaux, du bétail, des lapins et d’autres animaux domestiques. Dans la basse-cour s’ébattent des poules et diverses petites bêtes à plumes . Ils entretiennent aussi un grand potager où poussent toutes sortes de légumes verts, plantes grimpantes et herbes aromatiques. Du poisson et de nombreux produits de la mer sont présents dans les assiettes.

La cuisine créole cubaine est variée et très épicée. Ils ne manquent de rien à la maison. Même les confitures sont préparées à base de fruits frais tels que papaye, ananas, goyave, qui abondent en toute saison.

Mais, en ces temps là, la télévision reste rare et ils ne disposent que d’un poste de radio pour écouter les nouvelles.

Pour leurs loisirs, la famille monte un cabanon sur la plage, au milieu des cocotiers. Ils profitent du soleil de la mer et des baignades prolongées sur les bancs de sable blanc.

Pour protéger les baigneurs d’éventuelles attaques de requins, certaines plages sont encerclées  de filets. Il paraît que ces monstres marins se retournent sur le dos pour attaquer les nageurs. Mais ces derniers bien avertis arrivent à se sauver. Tout de même, les accidents restent rares.

Et le temps passe. Malgré un rythme de vie sans gros problème apparent, la mère de Monsieur Ibanez éprouve de la nostalgie à cause de la grand-mère qui est restée en Algérie.

Alors ils décident de quitter l’Île pour la rejoindre. Dans ces années là, le voyage ne se fait pratiquement qu’en bateau, et la traversée dure un bon mois.

En transitant par l’Espagne, la famille prend l’initiative de s’installer à Barcelone. Cela dure deux ans.

Peu après, nouveau départ. Cette fois ci ils posent bagages pour de bon en Algérie, à Bab El Oued.

Dans cette région, le père de François monte son entreprise d’ébénisterie. La vie reprend son cours, les enfants grandissent dans une atmosphère chaleureuse.

Pendant les grandes vacances tout le monde part, en Espagne ou en France, et en voiture « en changement d’air » comme disent les anciens.

Quant  à François, adolescent, il se rend avec des copains dans des clubs privés pour se détendre, s’amuser, tout cela dans la bonne humeur et l’insouciance de la jeunesse.

Le temps des responsabilités

Il a vingt ans lorsqu’il prend les commandes de l’entreprise à la mort de son père. Les responsabilités lui donnent une maturité et une assurance évidentes. L’arrivée de la deuxième guerre chamboule à nouveau sa vie. Il est affecté sous les drapeaux en Métropole. Il y restera cinq ans.

De retour en Algérie, il se remet à la tâche, se marie et fonde sa propre famille. Dans la grande maison dont il dispose, il réserve un appartement pour sa mère et sa sœur.

Il a le sens du devoir familial et du partage.

Pendant ses heures de liberté, il s’adonne à l’un de ses loisirs favoris, le tournage de films en amateur. Caméra en bandoulière, il arpente villes et villages et filme tout ce qui lui semble beau et intéressant.

Plus tard, dans les années soixante, dans la cohue et la précipitation, ils regagnent la Métropole et  s’installent à Grenoble.

Sur cette période, Monsieur Ibanez ne s’étend pas. Par contre, il est fier de me montrer son attestation de donneur de sang  bénévole, qui lui a été remise par le ministère des affaires sociales et qui lui a valu une médaille d’argent pour son courage et son dévouement et pour avoir sauvé des vies.

Aujourd’hui il se dit heureux et chanceux. Lors des grandes occasions il a la chance de se rendre chez ses enfants et petits enfants.

Grâce à Mémoires vives, je lui dédie ce récit, très court, de sa longue vie.

Céline

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10 mars 2006

CONFIDENCES DE MON AMI ANDRÉ

J’ai recueilli les confidences et pensées de mon ami André, sur sa terrasse, à la lisière de son petit bois de chênes verts.

Je suis né, me dit-il, un 12 avril, le matin à 7 heures, dans un appartement très modeste du 4eme arrondissement de Paris, de parents sans fortune. Ils me prénommèrent André.

Mon père, cuisinier de son métier, faisait de très longues journées pour permettre à ma mère d’arriver à des fins de mois honorables.

- Comment s’est passée ton enfance ?

- A 19 mois, ils me confièrent à la sœur de mon père jusqu’à l’âge de 6 ans ce qui leur permit d’acheter une petite épicerie.

- Et tu es allé à l’école ensuite ?

- Oui, je suis allé à l’école et à 12 ans j’obtenais mon Certificat d’Etudes,  à 15 ans mon brevet et ensuite un an d’études commerciales.

- Quelles étaient tes occupations favorites pendant ton adolescence ?

- Mon plaisir était le dessin et la peinture (aquarelle ou gouache). A 12 ans, choisi parmi les meilleurs élèves en dessin de chaque école de Paris, je reçus à la Sorbonne, le prix de la ville de Paris.

- Tes parents devaient être contents !

- Bien sûr et ce passe-temps, ce plaisir les enchanta.

- Avec tous ces succès, ils devaient être très gentils avec toi…

- Ce n’était pas dans leur caractère. Leur sévérité, leur rigidité, leur austérité, étaient chez eux une ligne de conduite inébranlable. Aller jouer avec mes petits camarades était exclu, et cela jusqu’à l’âge de 17 ou 18 ans où j’entrai dans une école de dessin publicitaire.

- Pourquoi une école de dessin publicitaire ?

- J’aurais aimé entrer à l’Ecole des Beaux Arts comme leurs conseillèrent mes voisins. Mais une après-midi ma mère alla rendre visite à une amie pour lui demander conseil concernant l’Ecole de Beaux Arts, la réponse fut sans appel :

« Ne faites pas entrer André à l’Ecole de Beaux Arts, car ils peignent des femmes nues… »

Je pense que dire ma déception est inutile. A la suite d’un concours, j’entrai donc dans une école de publicité. Les cours étaient de trois ans, mais je les ai avalés en deux ans et en suis ressorti avec le diplôme Brevet de Dessinateur Publicitaire avec mention très bien.

- Je suppose que c’était le bonheur chez tes parents !

- Mon père a certainement dû cacher sa joie car en l’apprenant il m’a simplement dit : « bon c’est bien, maintenant travaille » Ce que j’ai fait en entrant dans un bureau d’études afin de dessiner  les notices techniques et de montage d’appareils non encore existants.

- Et ta peinture ?

- Je continuais toujours à dessiner et à peindre pour moi.

- Et ta vie privée ?

- En déplacement en Alsace je connus une jeune fille. De cette rencontre est né un fils. Liaison sans sentiment, mais respectueux du « devoir » je l’épousais et élevais mon fils jusqu’à sa majorité. Peu de temps après je décidais de me séparer.

- Tu te retrouves seul ?

- Oui, et là les galères commencent.  Un peu avant de me séparer un nouvel hobby était né : la photographie et je me suis installé à mon compte en tant que « photographe publicitaire » J’ai alors connu une femme qui, guidée par son mari et de surcroît juge au Tribunal de Commerce, m’a totalement ruiné. Je me trouvai alors dans l’obligation de me séparer de mes employés, de vendre mon matériel, mon atelier et le laboratoire. C’est un moment que je ne souhaite à personne, car en plus pendant cette période, mon père à qui j’avais pardonné sa sévérité, est décédé dans mes bras. Je lui ai fermé les yeux en le remerciant de m’avoir élevé, certes durement, mais correctement je pense.

- As-tu une anecdote, une phrase qui te revient avec ton père ?

- Oui, concernant la sévérité de mon père : lorsque je me suis installé à mon compte, j’avais évidemment besoin d’argent et lui ai demandé s’il pouvait m’aider. La réponse fut brève, sans ambiguïté « Veux-tu que je t’apporte mes meubles aussi » La conversation était terminée.

- Et ta maman, que disait-elle ?

- Ma mère s’éteignit à l’hôpital deux ans plus tard. Je pensais que le temps de tous ces pénibles événements était enfin terminé.

- Pensais-tu à refaire ta vie ?

- Oui, je rencontrai alors une personne, veuve, honnête et fidèle. Nous nous sommes de suite parfaitement entendus et compris. Nous avons vécu ensemble plus de quinze ans et avons fait construire une modeste maison dans le Gard où j’ai peint en permanence dans mon garage que j’avais aménagé en atelier.

- Tu dois avoir beaucoup de tableaux maintenant ?

- J’ai encore aujourd’hui plus de quatre vingt tableaux chez moi.

- Je vois que dans un meuble il y a beaucoup de médailles, explique-moi comment tu les as gagnées.

- Je fis beaucoup d’expositions et obtins beaucoup de récompenses : médaille d’Or à Marseille-Lausanne-Lyon-Paris, ainsi que dans la région, Invité d’Honneur à Avignon. Cité dans de nombreux ouvrages, dictionnaire des Arts, Visages du XXe siècle, Figaro Méditerranée (pleine page) « Who’s Who » et tout dernièrement dans le dictionnaire LAROUSSE des Arts, sans oublier le « Prix Signatures » en 1982.

Le Bicentenaire de la Révolution m’offrit l’occasion de traiter une œuvre qui me valut une lettre de félicitations du Ministre Jack LANG, ainsi que de Madame De PANAFIEU, qui, avec Madame CHIRAC me décernèrent la Médaille de Vermeil de la ville de Paris.

- Et maintenant tu donnes des conseils à ceux qui veulent apprendre le dessin et la peinture…

- Oui, maintenant je donne des conseils aux personnes qui veulent apprendre ou s’améliorer dans le dessin et la peinture. C’est toujours mon activité actuelle. Le pastel entre également dans mes activités, tout en m’efforçant de rester fidèle à un style et offrir ainsi au public le sentiment qu’un effort de renouvellement est la préoccupation première d’un peintre.

- La personne avec qui tu vivais et qui t’a permis d’exercer ta peinture, que lui est-il arrivée ?

- Je ne voudrais pas revenir trop sur ce passage, mais je souhaite à tous dans la vie une entente comme celle que j’ai vécu. Plus de quinze ans sans une seule dispute, sans aucun doute sur la fidélité de l’autre. Ma compagne s’est éteinte à l’hôpital de Montpellier après neuf mois de coma des suites d’une hémorragie cérébrale.

- Mais ta famille, t’a-t-elle aidé dans ces moments pénibles ?

- Je préfère ne pas  parler de la famille après tout ce que j’ai vécu. « La famille on vous l’impose, les amis on les choisit… »

- Alors tu as des amis maintenant ?

- Je reçus le soutien de tous. Je pense qu’après tant de soucis, d’angoisse, de chagrins, de colère et parfois de désespoir, une seule solution : LE TRAVAIL. Il aide à oublier et à aider ceux qui le méritent en leur apportant le bonheur auquel ils ont droit.

- Et l’avenir comment tu le vois ?

- Nos rêves, nos désirs, nos espoirs sont les raisons de notre vie, ils sont indispensables pour continuer notre chemin. Je ne veux pas penser à un autre malheur car je reste convaincu qu’il serait le dernier. Je remercie la fée qui depuis quelques années se penche sur moi. C’est ma muse. La vie est ainsi faite.

Je dis à tous : «  On ne peut pas rester indéfiniment à un carrefour, un jour il faut choisir sa route… »

J’ai remercié mon ami de s’être livré à moi. J’ai été très touchée de sa confiance et il m’a donné ce dernier conseil : « 

«  Lorsque pour la première fois, sur la route, on franchit la ligne jaune, on encours de graves problèmes, mais la deuxième fois les risques peuvent être irréversibles… dans la vie aussi… »

Malika

10 mars 2006

MARIE-SUZETTE, UNE DEUXIEME VIE

Nous avons lié connaissance sur le bord de la route en attendant notre bus.

La conversation s’est vite installée. Nous avons parlé de mille et une choses tout en apprenant à se connaître. Au fil des mois, Marie-Suzette m’a adopté et ce malgré la différence d’âge… « tu pourrais être ma fille, mais je te considère comme une amie et une confidente » me dit-elle souvent.

Méfiante, elle ne reçoit que très peu de gens chez elle. D’ailleurs, elle ne fait partie d’aucun club du troisième âge, par pudeur et par manque de moyens aussi. Toujours est-il que petit à petit je suis entrée dans son univers.

Et la première fois que j’ai eu le mérite d’aller chez Marie-Suzette, j’ai cru me retrouver à 10 000km du Languedoc, tellement sa maison respirait la vanille, le vétiver et l’ylang-ylang.

Dans chaque coin des murs, des petits paniers remplis de fleurs séchées exhalaient encore leurs subtils parfums.

Elle m’a fait faire le tour du propriétaire. Nous sommes sorties par la porte arrière de la cuisine visiter sa mini serre tropicale. En début d’allée, un bananier et un palmier nains étendaient leurs larges feuilles telles des ailes d’un grand oiseau.

D’énormes pots de « géraniums feuilles » au parfum tenace, divers plantes à fleurs doubles multicolores, des anthuriums rouges vifs, un bougainvillier au jaune étincelant, composaient ce magnifique petit jardin et donnait un charme et un style particuliers au petit appartement qu’elle occupe depuis son arrivée dans la région. « Je fais aussi mes semis de piments au printemps et tout l’été jusqu’en octobre, je ramasse et stocke pour l’hiver le surplus que je n’ai pas distribué. Et quand le froid arrive touts mes plants sont emballés au chaud et s’endorment jusqu’à l’arrivée des beaux jours. Avec ça j’ai l’impression d’être toujours dans mon pays ; même si je n’ai pas souvent l’occasion d’y aller, faute d’argent. Je voyage en regardant mes plantes », me confie-t-elle.

Depuis vingt ans qu’elle est partie de là-bas, la nostalgie est encore présente. Ce pays qui s’appelle « la Réunion », elle le garde jusqu’à la fin dans son cœur. Elle y a connu son mari, construit une partie de sa vie, et mis au monde ses enfants. Son premier métier, elle l’a exercé là-bas, à peine l’école terminée. Blanchisseuse, elle s’en souviendra toute sa vie. Car Marie-Suzette, reste encore aujourd’hui, à 68 ans, une as du repassage. Elle nous est d’un grand secours quand chez nous, faute de temps et de motivation, les piles de linge s’entassent dans les paniers. Même après tant d’années de durs labeurs à travailler chez des particuliers, le courage et la force l’animent encore. Elle est toujours prête à donner un coup de main à ses amis et à ses enfants.

Bien qu’elle ne les voie pas souvent ses enfants, elle reste très proche d’eux. Elle espère que la réciproque soit de mise. Pendant très longtemps, elle a joué le rôle des deux parents. Le père de famille n’étant pas assez courageux ni responsable pour supporter la froidure de l’hiver en métropole, est resté au pays, léguant à a femme tous les pouvoirs pour subvenir aux besoins des nombreux enfants.

Aussi bien les garçons que les filles, tous ont mis la main à la pâte pour que la vie se déroule paisiblement dans cette atmosphère de rigueur et de manque, mais avec plein d’amour et de chaleur humaine.

Les voisins admiraient et aidaient avec générosité cette femme courageuse venue d’ailleurs qui essayait de s’en sortir avec dignité. Son dernier métier de manutentionnaire de fruits dans une grande société d’emballage bien connue dans la région l’aidait à peine à s’en sortir.

Malgré tout, aujourd’hui elle savoure avec bonheur cette retraite bien méritée. Elle s’efforce d’être toujours souriante, pour présenter une bonne figure en toutes circonstances. Elle a souvent une petite blague pour amuser le monde et détendre l’atmosphère lors d’une soirée un peu frileuse.

Bonne vivante, elle apprécie les bonnes choses, surtout les bons petits plats créoles.

TOUTES SES PASSIONS LUI RAPPELLENT SON PASSE ET SON PAYS.

D’ailleurs, à sa table on ne déguste que de la bonne nourriture préparée avec soin et patience. Elle adore cuisiner et nous régale avec plaisir de ses préparations aux noms bizarres, mais aux goûts savoureux. Marie-Suzette notre hôtesse, est une adepte des saveurs et traditions culinaires. Les épices en bocaux garnissent des étagères et flattent le regard. On en voit de toutes les couleurs, de toutes les odeurs, des plus piquantes aux plus douces, il y en a pour toutes les sauces.

Chez elle la cuisine est vivante. Chaque semaine, elle m’entraîne dans les rayons d’un supermarché ou à la boutique du chinois pour s’approvisionner en légumes et denrées importées d’ailleurs, et qui serviront à confectionner ses délicieux caris.

Si on aime le dépaysement sous toutes ses formes, l’espace d’un dîner on en trouvera à travers sa cuisine.

Autre passion qui occupe ses journées, la couture. Elle fabrique des superbes coussins, rideaux, housses de fauteuils coupés dans de jolis tissus ethniques qui égayent son salon. Tout cela vous donne l’illusion d’être dans d’autres contrés lointaines.

Mais notre charmante créole a le rythme dans la peau. La danse fait partie de ses loisirs favoris. De temps en temps quand ses mauvaises douleurs ne l’attaquent pas aux genoux, elle aime se rendre au bal de l’association réunionnaise avec une copine. Là, elle se défoule comme une jeunette, se rappelant le temps d’avant, dans les années 50 à la Réunion. « Les bals la poussière… les gens dansaient à même le sol en terre battue ». C’est une époque très loin derrière elle.

Le temps des amourettes, des premières bêtises d’adolescents et de l’insouciance.

Dans ses soirées d’aujourd’hui qui lui font une bonne occasion de voir du monde, l’ambiance tropicale est là, les Ti-punchs et les Samoussas également.

Oubliés les petits soucis du quotidien, la solitude et la monotonie de la vie.

Comme beaucoup de personnes âgées, Marie-Suzette souffre de l’isolement, du manque de visite et de considération de ses enfants.

Tout le monde s’occupe de sa petite vie et elle,  se retrouve très souvent mise à l’écart. Mais elle sait garder le moral et prendre la vie du bon côté.

Céline

10 mars 2006

DR. DENISE CASTEL OU LA MEDECINE DE BROUSSE EN AFRIQUE

« J’y suis allée pour trois mois et j’y suis restée presque 30 ans !»

Médecin généraliste, partie en Algérie en 1959 pours remplacer une Soeur Blanche, qui avait contracté la tuberculose, à l’un des hôpitaux Sainte Eugénie à Michelet.

Son remplacement devait durer 3 mois, mais après cette période les Soeurs Blanches n’avaient pas trouvé d’autre remplaçant, et de ce fait elle était restée à ce poste jusqu’en 1965.

Après ses études de médecine à Paris, Mme CASTEL était encore externe à l’hôpital Beaujon quand on lui a proposé ce remplacement. Elle n’a pas eu le temps de choisir sa spécialité, quand par la pratique et la nécessité du terrain elle s’est trouvée orientée en Pédiatrie et généralement en puériculture. Et ainsi elle a pratiqué cette spécialité aussi en Mauritanie au Niger et au Sénégal, jusqu’à sa retraite en 1986.

Pour toute sa carrière, elle tient à rendre hommage aux sœurs Blanches qui lui avaient appris les fondements de la médecine de brousse, comme elle tient à le préciser. Une médecine qui compose avec les données du terrain, avec les moyens disponibles sur place, avec les conditions économiques de l’époque et surtout la situation de la guerre d’Algérie.

Malgré toutes les difficultés des circonstances de l’époque et des lieux, elle a gardé de très bons souvenirs en exerçant son métier dans ces contrés, comme elle tient à le préciser : « il y avait beaucoup de travail, les conditions étaient dures, mais on travaillait dans la paix ».

        Mme Castel nous a dit qu’elle n’avait jamais connu de problème relationnel ni avec le personnel local ni avec la population en général : « tout le monde faisait de son mieux pour l’aider à faire son travail, la préoccupation principale était de soigner les enfants malades et les maman enceintes ». Le corps soignant comme elle-même, n’était concerné ni par les troubles politiques ni par les différences de nationalité.

En 1963, à l’indépendance de l’Algérie, les hôpitaux comme les autres institutions (écoles …) de la fondation Sainte Eugénie ont été remis à la nouvelle République. Comme toutes les missions, les Soeurs Blanches comme les Pères Blancs sont rentrés en France, mais Mme Castel avait continué sa mission jusqu’en 1965.

A cette date, Mme Castel était maman de deux petites filles et divorcée avec leur père. Elle était rentrée en France pour un premier essai d’installation en libéral aux environs de Tour, mais malheureusement les circonstances dramatiques qui ont marqué cette expérience lui avaient rendu les conditions de pratiquer plus pénibles qu’elle n’avait imaginé. Le médecin qui lui avait transmit son cabinet s’était suicidé, et ce drame avait suffit pour la persuader que sa vocation était finalement dans la brousse.

Elle repart cette fois en Mauritanie en 1967 dans le cadre de la coopération, et une de ses sœurs l’avait accompagné pour s’occuper des enfants, qui allaient partager pour longtemps son aventure africaine.

Elle a d’abord été postée à Boutilimit (à environs 120 km au Sud Est de Nouakchott), elle se déplaçait avec son personnel médical sur une centaine de km de rayon, elle était le seul médecin de la région. Mais la sécheresse qui décimait le bétail et brûlait les cultures depuis déjà 3 ans, avait aggravé l’état de santé des enfants surtout en bas âge. La petite équipe de Mme Castel travaillait 7 jours sur 7 pour faire face à ce désastre de la nature pendant presque 18 mois. Les enfants mourraient par centaines et la médecine seule ne pouvait plus faire face au fléau des toxicoses.

Les conditions de vivre et de travailler dans les régions désertes du sud devenaient plus en plus difficiles. La sécheresse avait causé un manque considérable d’eau et de nourriture et Mme Castel avait finit par rentrer sur Nouakchott. Elle y avait dirigé une PMI (centre de Protection Maternelle et Infantile) jusqu’en 1973.

Mme Castel avait quitté la Mauritanie pour le Sénégal. Elle n’a pas oublié la vision désolante du paysage qu’elle regardait de l’avion qui l’avait emmené de Nouakchott à Dakar, des carcasses de bétail desséchées partout dans le pays.

A Dakar elle avait également pris en charge une PMI jusqu’en 1979, toujours dans la cadre de la coopération et en succédant aux médecins militaires qui avaient ces postes.

Les conditions de travail au Sénégal étaient meilleures. Après les dures conditions de la sécheresse en Mauritanie, le travail dans cette PMI lui avait apporté une profonde sérénité, comme elle dit « à voir des beaux enfants en bonne santé » ça la soulageait de cette douleur de voir des centaines de touts petits bébés mourir de toxicoses.

En 1979, Mme Castel était rentrée en France pour concrétiser son expérience de responsable de la Santé Publique en préparant le certificat de l’E.N.S.P (Ecole Nationale de la Santé Publique), à Rennes.

Et dès 1981, elle repart pour le Niger cette fois où elle allait exercer pleinement son métier, à Niamé, comme responsable de la Médecine Scolaire (officiellement appelé Hygiène Scolaire) pour tous les établissements du primaire au Lycée, poste qu’elle avait occupé jusqu’en 1986.

Dans tous les postes que Mme Castel avait occupé, elle a toujours travaillé avec du personnel local qu’elle avait formé elle-même, dans la plus part des cas, sur le terrain. L’entente et le respect dans ses équipes de travail étaient non seulement d’excellentes conditions de travail pour elle, mais l’avaient, par chance, accompagnées partout où elle s’était retrouvée. Et à tous ces postes, après son départ elle fut remplacée par des médecins locaux.

Quand les filles de Mme Castel étaient arrivées au collège, elle les avait envoyé en France avec leur tante, elles s’étaient installées d’abord à Sommières puis à Montpellier. Mais elles passaient toutes ensemble plusieurs mois de vacances par an. L’hiver Mme Castel rentrait en France pour deux mois et l’été les filles accompagnées de leur tante partaient pour deux mois de vacances en Afrique.

Elles en ont gardé des souvenirs formidables que Mme Castel nous raconte avec émotion, comme ces balades en brousses pendant ses tournées de travail, quand elles étaient hébergées avec ses filles et sa sœur, sous les tentes. Avec l’accueil chaleureux des habitants du Sahel, qui préparaient pour chaque visite et déplacement, des méchouis que les filles appréciaient tellement qu’elles avaient acquis la technique de détacher les morceaux les plus tendres à travers les filets, comme on apprend aux enfants des nomades de faire.

Non seulement elles ont gardé de très beaux souvenirs de ces moments singuliers, mais aussi des liens d’amitié avec les habitants de ces contrées que Mme Castel visitait. Quand elles accompagnaient leur mère, elles étaient prises en charge par les femmes des communautés locales pendant que leur mère travaillait. Et même en grandissant, en allant passer les vacances d’été avec elle, elles retrouvaient toutes les personnes qu’elles avaient connues quand elles vivaient « là-bas ». Quand elle se déplaçait dans la brousse, elle emportait toujours, en plus de la cantine des médicaments et matériel médical et de stérilisation, une cantine avec tout le nécessaire pour ses filles.

Mme Castel elle-même nous dit que toutes les amies et tous les amis qu’elle avait eu pendant sa carrière africaine étaient parmi le personnel qui travaillait avec elle et ses patients, essentiellement des femmes et des enfants. 27 ans d’amitié, 27 ans de dévouement et 27 ans de connaissance de la médecine de brousse…

Rhita

16 février 2006

Les hobbies de LOUISE

Louise n’a que 91 ans et elle croque la vie « à pleine dents ».

Elle reste coquette, et aime à paraître plus jeune ; ce n’est que cette année que le poids de son

« grand âge » s’est fait ressentir, quelques douleurs au dos, c’est tout !...

Mais à part cet état de fait, sa vie s’écoule comme « un long fleuve tranquille »…

Elle a deux hobbies : lire toutes sortes de poésies, tout ce qui lui « tombe entre les mains », dans des revues, des magazines auxquels elle s’est abonnés ; ensuite elle les recueille dans de grands cahiers.

Elle aime lire certes mais aussi écrire, et de sa plus belle écriture, en faisant attention aux rimes et alexandrins, elle les recopie, aussi sagement qu’une élève studieuse; et elle n’oublie pas les signatures de chaque écrivain, de chaque auteur, qu’il soit anonyme ou connu.

Voilà, et son deuxième hobby se porte sur la peinture de mandalas (voir descriptif). Elle a découvert ce passe-temps il y a quatre ans, en arrivant dans sa nouvelle résidence ; en atelier tous les jeudi, à l’aide d’une artiste peintre qui lui a montré comment faire avec les couleurs, les tons, les diverses nuances, etc…

Comme elle s’est piquée au jeu, elle en a fait un puis deux, puis trois et ainsi de suite, jusqu’à en posséder jusqu’à quatre-vingt, bien classés dans

Une chemise, sous feuilles transparentes. Elle en redistribué déjà cinquante deux environ ; cela plaît énormément à sa famille, surtout à sa petite-fille de 33 ans à qui elle réserve toujours les meilleurs de sa collection. Elle rayonne en les montrant à son entourage. Louise est une dame simple, avec des goûts simples et qui se donne à fond dans ce qu’elle aime.

Il n’y a pas d’âge pour apprendre, pour créer et se renouveler dans la vie, et Louise en est un  bel exemple !

Louise, nous vous remercions de votre gentillesse, et du temps que vous nous avez consacré à nous écouter ainsi que pour votre petit cadeau.

Véronique et Aline 

Le Mandala

En tibétain, Mandala se dit « Kyil-khor », ce qui veut dire à peu près « centre-périphérie ».

Il est représenté en diagramme cosmique peint sur une toile ou composé de sable coloré. Il contient la représentation des différentes divinités Boudiques.

La Roue de la Vie, dit Kalashakra, est le plus connu  et le plus populaire du tantrisme tibétain. Mais il existe cinq représentations fondamentales réunies dans le même travail artistique du Mandala :

le Mandala du corps, le Mandala de la parole, le Mandala de l’esprit, le Mandala de la conscience primordiale, en fin au centre, avec son lotus, le Mandala de la « félicité suprême ».

Le Mandala sert de support au méditant dans plusieurs prières. Et pour les fêtes, comme le Lossar (nouvel an Tibétain), le rituel le plus symbolique consiste à réaliser un mandala (souvent de très grande taille)  en sable et faire disperser le sable dans la nature dans l’eau , sur les montagnes ou dans l’air).

Dans un Mandala tout a un sens et rien n’est le fait du hasard, c’est pour cela que sa réalisation est confiée à des moines spécialisés dans son art, et dont le savoir faire est le fruit de plusieurs années d’apprentissage.

Œuvre sacrée et riche en couleur, le Mandala Kalashakra, ou roue de la vie, est un support  d’initiation et de méditation qui prends en compte non seulement l’être, son corps, sa parole, son esprit, mais le monde extérieur tout entier, cosmique et astrologique.. La tradition tibétaine met l’accent sur les correspondances reliant l’être humain au monde extérieur et le Mandala représente bien cette relation.

Véronique et Rhita

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16 février 2006

Témoignage d’Olivier

" Les personnes âgées sont pour moi, des gens qui ont travaillé , qui ont fondé une famille, qui sont en général entourés d’enfants. Une bonne partie de leur vie s’est écoulée, et arrivées à un certain âge, elles se reposent après le travail qu’elles ont fourni. Elle profitent alors de leur liberté. Ces personnes doivent être pleinement respectées et doivent servir d’exemple aux générations suivantes.
Mon grand-père paternel par exemple, a fait la Deuxième guerre mondiale , et a travaillé très dur pour gagner sa vie. A présent,  il profite du temps libre qu’il détient. Il voyage à l’étranger, fait partie d’une association d’anciens combattants.
Les personnes qui sont à la retraite ont encore des devoirs. Elles contribuent à l’éducation de leurs petits enfants, et participent comme tout le monde à la vie de la nation, notamment en 
votant...

La vie ne s’arrête surtout pas pour elle, je dirais même en quelque sorte qu’elle commence. Elles s’intéressent à de nouvelles activités, partagent des passions avec leurs proches. Elles voyagent et s’enrichissent souvent par la lecture. Elles font ce qui leur plaît."                                                                      

Olivier, 17 ans.

2 septembre 2005

La maladie de la relation

Quoi de plus déroutant que d’être face à face avec une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Quel comportement et attitude doit- on adopter ?
Que doit- on dire ou ne pas dire ?

On se sent perdu devant cet être qui «  n’a plus sa tête » qui nous dit ne pas nous reconnaître alors que l’on s’occupe de lui tous les jours,
Il nous dit que ses parents viennent manger ce soir, alors qu’ils sont décédés depuis longtemps,
On le retrouve avec trois pull-overs sur lui alors que c’est l’été et qu’il fait  30°  dans l’ appartement, mais pourtant qui nous récitera par cœur des poèmes appris dans son enfance ou bien  nous reprendra sur une faute de français.

Pour nous c’est un malaise, mais pour les familles et les proches c’est une souffrance qui ne fera qu’augmenter avec le temps  et l’aggravement des symptômes :

De constater que son père ou sa mère ne vous reconnaît plus, quoi de plus dur à vivre pour des enfants !
d’entendre ses parents prononcer des phrases qui pour nous n’ont pas de sens.
Comme : 

   - Les cerises sont dans le vent.
   - Je ne veux pas recommencer ma vie à sauter.
   - J’ai été révulsé et ils m’ont mis un âne à la place.

De les voir prendre une pantoufle pour y boire dedans.
Ou  bien de trouver dans le congélateur des pierres que sa maman y a déposé.

Le monde médical depuis quelques années cerne de plus en plus les comportements face aux malades atteins d’Alzheimer (dite maladie de la relation).

Afin que l’entourage ne s’épuise pas en vain, quelques conseils s’imposent :
- Utiliser des mots simples et des phrases courtes.
- Parler d’un ton calme et d’une voix appropriée.
- Eviter les questions ouvertes, ( pourquoi ? Comment ?) et les simplifier.
- Ne pas contredire.
- Ne pas souligner les pertes de mémoires en demandant, « vous ne vous souvenez pas ? »

Si le malade n’a pas conscience de son état, pour la famille c’est le renoncement forcé à l’être que l’on a connu et aimé.

    C’est un deuil avant le deuil.

                                 POUR LES FAMILLES ET LES AIDANTS :

Si vous avez besoin d’être écouté,soutenu ou conseillé, l’ association GARD ALZHEIMER tient des permanences deux fois par semaine : LUNDI après-midi et MERCREDI matin.
Tout public peut s’y informer sur cette maladie.
L’association édite un journal trimestriel « CONTACT » destiné aux adhérents.

GARD ALZHEIMER (tél : 04-66-21-03-09)

8 rue DES  CHASSAINTES

30 000  NIMES

29 août 2005

le mardi c'est loto !

LE MARDI, C’EST LOTO !

Ce mardi est une journée un peu différente, au lieu de nous rendre dans les chambres des résidents, où les personnes sont seules pour discuter avec nous ; nous sommes gentiment accueillies dans la salle commune, lieu de convivialité et de rencontres, pour participer au Loto, activité de loisirs du mardi.

Les habituées sont déjà installées devant leurs cartons, des jetons dans la main. Elles attendent impatiemment que les Aides soignantes, aujourd’hui là, et exceptionnellement durant l’été, en tant qu’Animatrices, démarrent la partie.
L’équipe s’intègre au groupe en choisissant les personnes ayant besoin d’aide au cours du jeu.
L’ambiance est bonne et chaleureuse. Soudain le jeu démarre, les numéros s’égrène : 5 (La pleine main), 16 (La rivière), 30 (Le Gard), 34 (Nos voisins). A chaque fois, du fond de la salle, une ou deux voix répètent le plus fort possible le numéro sorti pour que chacune suive bien le jeu.

Une personne distribue les lots après chaque quine. Elle s’adresse à la gagnante en offrant sur un plateau, eaux de toilette, savonnettes, chocolat, biscuits et pots de miel…
Pour donner une chance à toutes, on ne peut gagner qu’une fois.

Bientôt 16 h, le temps passe très vite. Une collation est apportée en guise de rafraîchissement ; Nous discutons avec nos voisines de jeu, ravies de pouvoir communiquer avec des personnes de l’extérieur.

Des personnalités se sont révélées. Une telle timide avec nous a mené tout le jeu avec autorité, une autre bavarde habituellement est un peu l’écart : nous les rencontrons aujourd’hui d’une autre manière.

C’est avec regret que nous quittons les lieux, car nous avons passé un agréable moment en leur compagnie.

22 juillet 2005

Notre entrevue avec Mme BEAUJOUAN

      
       Notre entrevue avec Mme BEAUJOUAN

      Mme Simone BEAUJOUAN nous est présentée, le contact est facile et sympathique, Bénédicte et moi-même lui expliquons la raison de notre visite « recueillir ses souvenirs, nous raconter sa vie, tout ce qu’elle voudra bien nous dire. »
      Mme BEAUJOUAN, qui est une dame très souriante et dynamique, est tout de suite partante, elle nous invite à nous asseoir sur des sièges et même sur son lit.
      
      Comment résumer une vie en une petite heure ? 
      Elle se pose sûrement la question, une vie c’est long pour une personne de son âge. Simone a 84 ans, installée depuis peu dans cette résidence, elle n’a pourtant pas perdu son énergie qui l’a accompagnée toute sa vie, depuis sa naissance le 1er mai 1921 à la Grand Combe pays des mines de charbon où son papa travaille dans les bureaux et sa maman tient un petit commerce de gâteaux confiserie. Elle a aussi trois sœurs.
      Mais une enfance ça passe vite, elle est devenue une jeune fille qui rencontre un bel officier dans l’artillerie, comme dans les romans.  Ils se marient, s’installent à Nîmes et eurent deux enfants, une fille et un fils, « le choix du roi. » Tout en élevant ses enfants, elle consacre du temps à de nombreuses activités : visite de malades à l’hôpital, chants dans la chorale de la paroisse, messe du dimanche, danse dans les bals avec son mari. Un mari gentil, qu’elle a beaucoup aimé, qui a fait la guerre d’Indochine, mais rappelé à Dieu, il y a plus de 20 ans.
      Dieu, elle y croit, c’est sûrement lui qui lui a donné ce don, de soigner et guérir les brûlures. Simone aime son prochain, et chaque fois qu’elle le peut lui vient en aide. Un jour, qu’elle se rend chez son charcutier, elle le voit dans un piteux état, celui-ci avait eu un accident, il s’était brûlé les avant bras dans le bac de graisse chaude, il souffre beaucoup, aussitôt elle lui applique ses mains pour le magnétiser et ceci plusieurs jours de suite. Afin qu’il puisse se soigner lui-même, Simone magnétise du coton et le lui donne, lui recommande de couvrir la brûlure d’une toile et de poser le coton par-dessus, et garder le tout le plus longtemps possible. En 8 jours le charcutier est guéri !
      Aussi, chaque fois qu’elle le peut, elle soulage les brûlures de bon cœur sans jamais rien demander. Si elle fait du bien, elle est contente.
      
      
      Contente, elle l’est toujours et fière, même. Fière de sa famille, de sa fille et son fils avec qui il y a beaucoup d’amour.
      Fière de ses petits enfants qui ont tous bien réussi. Lorsqu’elle nous parle d’eux, son regard s’illumine.
      Mais Simone a une autre passion, le scrabble, elle aime y jouer avec Mme REVERBELE, une autre dame résidente de la maison, dans la grande salle à manger.
      
      Aujourd’hui lundi c’est jour de messe et Simone qui est une fidèle regarde sa montre. Voici ainsi l’heure de nous quitter, c’est avec un très beau sourire et des yeux pétillants de vie qu’elle nous dit au revoir. Bénédicte et moi-même sommes satisfaits, l’échange entre nos générations différentes a été riche, notre cahier de notes est rempli de sa vie.
      A lundi prochain Mme BEAUJOUAN …
      
    

Bénédicte et Daniel
             
          

15 juillet 2005

présentation de la fête d'inauguration

Jeudi 7 juillet 2005, l'équipe de "Mémoires Vives" a organisé un fête afin de présenter son travail et bien-sûr les livrets.
Voici un petit billet d'humeur et d'humour  écrit par Daniel.

" Moi qui pensais tout manger, les biscuits apéritifs et les bonnes pizzas, accompagnés pour faire passer le tout d’un grand verre de boisson avec des bulles.
Je comptais pour cela que personne ne vienne à la petite fête d’inauguration de notre livret n°1 ...et bien c’était raté et il a fallu partager !
Car du monde il y en avait, ils étaient nombreux à venir voir le résultat de notre travail.
A moins qu’ils ne soient venus palper notre trac
Vous savez de celui qui vous fait battre le cœur un peu plus vite et trembler la voix.
Ou pire… Oublier ce que l’on a à dire !....

Nous avions répété, mais entre nous cela paraissait facile, et le stress était moindre que devant un auditoire.
Peggy qui devait présenter le livret, cinq minutes avant, était au bord du malaise ! Mais elle s’en est très bien sortie.
Sylvie, elle, semblait plutôt à l’aise.
Une petite voix s’élève de derrière l’assistance, c’est Martine, timide qui se cache.
Aniya était sous l’emprise de l’émotion.
Moi-même je l’étais aussi, mais nous en sommes resté maîtres, tout comme le reste de l’équipe.
Il y eut bien quelques bafouillages, mais le pire a été évité ...et les invités nous ont finalement félicité !

Daniel

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Mémoires vives
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